Bilan macabre en Afghanistan ! Ils sont au moins une centaine de personnes ayant des liens avec le gouvernement afghan à avoir été exécutés par les talibans depuis leur prise de pouvoir, selon un rapport de l’ONU.
Plus d’une centaine d’anciens membres de la sphère gouvernementale, des forces de sécurité afghanes et des Afghans ayant travaillé avec les troupes étrangères ont été tués par les talibans et leurs alliés, selon l’ONU. Ce document, dont l’Agence France-Presse a consulté un exemplaire dimanche, constate également une sévère restriction des droits humains en Afghanistan depuis la mise en place de la gouvernance des talibans à l’été, en particulier concernant les droits des femmes et le droit de manifester.

Nonobstant l’amnistie générale des anciens membres de gouvernement
« Malgré les annonces d’une amnistie générale des anciens membres de gouvernement, des forces de sécurité et de ceux ayant travaillé pour les militaires étrangers, la Manua (Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan) a continué de recevoir des signalements crédibles d’homicides, de disparitions forcées et d’autres infractions envers ces personnes », précise ce rapport du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.
The economy of Afghanistan is on a downward spiral.
To pull it back from the brink, liquidity must be rapidly injected.
Time is of the essence.
Without action, lives will be lost, and despair and extremism will grow.
— António Guterres (@antonioguterres) January 30, 2022
Depuis que les talibans se sont emparés de Kaboul le 15 août, la mission onusienne a reçu plus d’une centaine de signalements de tueries qu’elle considère comme crédibles, détaille le texte, affirmant que plus des deux tiers de ces homicides ont été « des homicides extrajudiciaires commis de facto par les autorités ou leurs affiliés ».

« Tout un système social et économique qui est en train de disparaître »
De plus, poursuit le document, « des militants pour les droits humains et des employés des médias continuent d’être victimes d’attaques, d’intimidations, de harcèlement, d’arrestations arbitraires, de maltraitances et d’homicides ». C’est « tout un système social et économique qui est en train de disparaître », a commenté Antonio Guterres, évoquant la répression des manifestations pacifiques, le manque d’accès des femmes au monde du travail et des filles à l’éducation. Aucun pays n’a reconnu à ce stade le gouvernement taliban.

Avec l’aggravation de la pauvreté et la sécheresse qui a dévasté l’agriculture dans de nombreuses régions, l’ONU a prévenu que la moitié des 38 millions d’Afghans risquait une pénurie alimentaire. Le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité en décembre une résolution facilitant pendant un an l’aide humanitaire à l’Afghanistan, sans enfreindre les sanctions internationales imposées à des personnes et entités liées aux talibans.

